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Un grand pas en faveur de la protection des raies et des requins !

Publié le
2 décembre 2025

Les bonnes nouvelles sur la protection des raies et requins ne sont pas légion. Il faut donc se réjouir de la décision historique prise fin novembre par les pays signataires de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) pour interdire ou mieux réguler le commerce de plus de 70 espèces de poissons cartilagineux.

Vue dorsale de raie Manta de récif (Mobula alfredi) à Fakarava (Polynésie Française) @ Jacques Huguenin

Deux espèces emblématiques de la vie sous-marine voient ainsi leur commerce totalement interdit, le requin-baleine et les raie manta et mobula, à l’instar du requin océanique « en danger critique d’extinction », à cause de la surpêche et du réchauffement climatique.

Il s’agit d’une victoire importante pour l’avenir de nos océans, se réjouissent les associations de défense de la nature, en particulier l’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux – www.ifaw.org), sachant qu’à l’heure actuelle plus d’un tiers de espèces de raies et requins sont menacées de disparition.

Requins gris de récif (Carcharhinus-amblyrhynchos) à Fakarava (Polynésie Française) @ Jacques Huguenin

« Depuis trop longtemps, les requins qui parcourent nos océans depuis des millions d’années sont massacrés pour leurs ailerons et leur chair », note Barbara Slee, chargée de programme Politiques internationales chez IFAW. « Les gens ont peur des requins, mais en réalité, nous représentons une menace bien plus grande pour eux, avec plus de 100 millions de requins tués chaque année. Ces nouvelles mesures de protection contribueront à rétablir cet équilibre et à reconnaître et honorer ces requins comme étant bien plus que de simples produits de la pêche. Partout dans le monde, les requins et les raies disparaissent rapidement, ajoute Barbara Slee. Leur disparition entraînerait l’effondrement des écosystèmes qui maintiennent la santé de nos océans. Cette décision marque une étape cruciale vers l’inversion de ce déclin et la prévention d’extinctions qui semblaient autrefois inévitables. »

Vue ventrale de raie Manta de récif (Mobula alfredi) à Fakarava (Polynésie Française) @ Jacques Huguenin

L’accord est intervenu lors d’une conférence des Nations Unies organisée par la CITES (cites.org) à Samarcande, en Ouzbékistan et qui se poursuit jusqu’au 5 décembre. Toutes les mesures adoptées doivent entrer en vigueur 90 jours après la fin de cette conférence, c’est-à-dire au cours du premier trimestre 2026.

Requins gris de récif (Carcharhinus-amblyrhynchos) à Fakarava (Polynésie Française) @ Jacques Huguenin

Rappelons que la CITES est un traité international signé par 184 pays et l’Union européenne, qui a fêté ses 50 ans en 2025 et dont l’objectif est de protéger les espèces de la flore et de la faune sauvages menacées par le commerce. Les pays signataires se retrouvent tous les 3 ans pour une grande conférence, une COP, durant laquelle ils décident quelles espèces doivent bénéficier d’un commerce règlementé.

Les animaux et plantes sont répartis en trois groupes, des « annexes », qui correspondent à 3 niveaux de protection.

L’annexe 1 regroupe les animaux et plantes menacés d’extinction et pour lesquels le commerce est complètement interdit (en l’occurrence les requins baleines, les raies manta, mobula, guitares et wedgefish).  

L’annexe 2 inclut les espèces qui ne sont pas encore menacées d’extinction mais pour lesquelles le commerce est strictement limité et règlementé pour éviter qu’elles le soient. Y figurent notamment les requins hâ, les émissoles et les requins d’eaux profondes.

L’annexe 3 regroupe toutes les espèces pour lesquelles certains pays membres demandent la protection. Aujourd’hui, plus de 40 000 espèces d’animaux et de plantes sont déjà inscrites dans les annexes de la CITES.

A noter que c’est grâce à des mesures exemplaires de protection des cartilagineux en Polynésie Française que Jacques peut vous partager aujourd’hui ces photos, imaginez l’Océan de demain si tous les pays procèdent ainsi !

Une raie vue du dessous

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