Laurine rêve de faire carrière au service des océans. Il est vrai que cette jeune et brillante Veilleuse de l’Océan de Ocean academy, s’est déjà fortement spécialisée dans l’étude du plancton, ces organismes qui constituent la base des écosystèmes océaniques et soutiennent l’essentiel de la vie marine
Si vous vous êtes rendu au Salon International de la Plongée Sous-marine, à Paris, début janvier, vous avez peut-être croisé Laurine sur le stand de Ocean Academy. Equipée de trois microscopes, elle invitait le public à découvrir, dissimulés sous des lamelles de verre, quelques-uns des habitants les plus fascinants de nos océans : le plancton… Une étrange famille d’organismes dérivant au gré des courants, composée d’une multitude d’êtres microscopiques, mais aussi d’espèces de plus grande taille, comme les méduses, qui constituent 98 % de la biomasse sous-marine. Un simple litre d’eau de mer, par exemple, peut contenir plusieurs milliards d’organismes planctoniques !

Laurine Moirand, 24 ans, connaît bien ce monde invisible. Elle a notamment participé, dans l’océan Indien et le canal du Mozambique, à la Mission Bougainville, née d’une alliance entre Sorbonne Université, la Marine nationale et Plankton Planet (association dont l’objectif est d’établir une mesure « seatoyenne », planétaire et continue du plancton d’ici à 2030 – Cf. planctonplanet.org). Cette mission scientifique visait à étudier le microbiome océanique, autrement dit le plancton animal et végétal invisible à l’œil nu grâce à des instruments innovants et frugaux. Laurine y a pris part en tant que Volontaire Officier Aspirant (VOA), spécialité biodiversité, au sein de la Marine nationale.
De septembre 2024 à septembre 2025, elle a ainsi servi à bord du Champlain, bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer de la Marine nationale. Cette mission, préparée lors de formations scientifiques à Banyuls-sur-Mer et à Villefranche-sur-Mer, lui a permis d’échantillonner le microbiome dans des zones habituellement peu accessibles.

Née à Senlis, Laurine a ensuite passé son enfance au Mans, dans la Sarthe, c’est-à-dire assez loin du bord de mer. Mais cela ne l’a pas empêchée de se passionner très jeune pour la diversité et le fonctionnement des océans, puis de décider de faire carrière dans la recherche en écologie et la conservation marine. « Dès l’âge de 14 ans, je voulais être biologiste marin et plongeuse scientifique, et j’ai intégré un club de plongée avec ma maman, explique-t-elle. Puis après ma licence en SVT – Parcours Sciences de la mer, décrochée à l’université d’Aix-Marseille, je me suis inscrite en master Sciences de la mer à Sorbonne Université. Et je compte bien désormais parachever ce parcours avec une thèse en écologie marine ».
Laurine est aujourd’hui à la recherche d’un contrat doctoral de trois ans, avec un ou plusieurs encadrants de thèse, et de financements pour approfondir ses connaissances sur le plancton ou d’autres sujets axés sur l’écosystème marin, « avec la finalité de mettre en place des systèmes de protection concrets ».

Par ailleurs, depuis une dizaine d’années, la jeune femme, désormais titulaire du niveau de plongée professionnel scientifique (CAH1B) et du PA40, continue à plonger, en particulier avec un club éco-responsable, Le paradis des Bulles, à Port-Vendres (qui navigue en mer avec des bateaux 100% électriques), ce qui a renforcé son envie de mieux connaître le milieu marin et de faire partager sa passion lors d’ateliers de sensibilisation comme celui de Ocean academy au Salon de la Plongée. Laurine souhaite aussi s’adonner à la photo sous-marine et s’investir au sein de Ocean academy, avec le souhait d’intervenir dans des établissements scolaires pour sensibiliser les jeunes à la nécessité de préserver les écosystèmes marins.

La Mission Bougainville restera pour Laurine un moment fort de son début de carrière. « Durant cette expédition, à chaque prélèvement, j’aimais partager mes connaissances sur le plancton avec les membres de l’équipage, confie-t-elle. Beaucoup de marins ne savaient pas vraiment ce qui vivait sous la coque du navire. Ces échanges ont été très riches. J’ai aussi eu l’occasion de faire escale dans plusieurs pays et de rencontrer des classes et des chercheurs, notamment sur l’île de La Réunion ».

Mais pourquoi le plancton intéresse-t-il tant Laurine ? « Bien que la majeure partie de ces organismes soit invisible à l’œil nu, ce qui me plaît, au-delà de leur importance vitale pour la planète, c’est la diversité de leurs formes, de leurs couleurs et la multiplicité des espèces, répond-elle. Ce qui m’impressionne, ce sont notamment leurs formes géométriques très élaborées, leurs structures très particulières. Certaines espèces présentent des structures géométriques très élaborées, parfois en silice, qui intéressent aujourd’hui des chercheurs en médecine ou en pharmacie, mais aussi des architectes et des artistes. »

Passionnée et passionnante, Laurine incarne cette nouvelle génération de scientifiques engagés au service des océans, dont la planète bleue a tant besoin…et nous sommes fiers de la compter comme Veilleuse de l’Océan au sein de Ocean academy
Vous pouvez contacter Laurine sur son compte LinkedIn.




